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Numerus Clausus : Tout Comprendre sur sa Suppression et le Numerus Apertus

Santé Bien-être · · Serge

Numerus Clausus : Tout Comprendre sur sa Suppression et le Numerus Apertus

Le numerus clausus a marqué pendant des décennies l’accès aux études de santé en France, limitant drastiquement le nombre d’étudiants admis en médecine. Supprimé officiellement en 2020 et remplacé par le numerus apertus, ce système de quota a laissé place à une nouvelle approche censée ouvrir l’accès aux formations médicales. Pourtant, quatre ans après cette réforme, les résultats restent mitigés et la pénurie de médecins persiste dans de nombreux territoires.

Qu’est-ce que le numerus clausus et pourquoi a-t-il été supprimé ?

Le numerus clausus désignait le quota national fixant chaque année le nombre maximum d’étudiants autorisés à poursuivre leurs études de médecine après la première année. Ce système, instauré en 1971, était déterminé par un arrêté ministériel signé conjointement par les ministres chargés de l’enseignement supérieur et de la santé.

Pendant près de 50 ans, ce dispositif a créé une sélection drastique, avec des taux de réussite extrêmement faibles lors de la première année commune aux études de santé (PACES). Les étudiants se retrouvaient dans une compétition féroce, où seule une minorité pouvait accéder aux années supérieures, indépendamment de leur niveau réel de compétence.

Les raisons de l’abandon du numerus clausus

La suppression du numerus clausus en 2020 répondait à plusieurs objectifs majeurs. Premièrement, le système était accusé de contribuer directement à la pénurie de médecins dans certaines régions françaises, notamment les déserts médicaux. Deuxièmement, il générait un gaspillage important de talents et de ressources, avec des milliers d’étudiants motivés éliminés après une année éprouvante.

Le gouvernement a donc décidé de remplacer ce quota national rigide par un système plus souple : le numerus apertus. Cette nouvelle approche devait théoriquement permettre une augmentation progressive du nombre d’étudiants formés, tout en maintenant un niveau d’exigence académique élevé.

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Le numerus apertus : un changement de nom plus qu’une véritable révolution ?

Contrairement aux espoirs initiaux, le numerus apertus a remplacé le numerus clausus en 2020 sans bouleverser fondamentalement le système. Dans les faits, le nombre d’étudiants admis en deuxième année reste encore largement contrôlé et limité par les capacités d’accueil des facultés de médecine et des hôpitaux universitaires.

Comment fonctionne le numerus apertus ?

Le numerus apertus transfère la décision du nombre de places disponibles du niveau national au niveau local. Ce sont désormais les universités qui déterminent, en concertation avec les Agences Régionales de Santé (ARS), le nombre d’étudiants qu’elles peuvent former en fonction de leurs capacités pédagogiques et des besoins territoriaux en professionnels de santé.

Cette décentralisation devait permettre une meilleure adaptation aux réalités locales. Cependant, les contraintes matérielles persistent : manque d’enseignants, de terrains de stage hospitaliers, et d’infrastructures suffisantes pour accueillir davantage d’étudiants.

Pourquoi la fin du numerus clausus ne résout pas la pénurie de médecins

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la suppression du numerus clausus n’a pas produit les effets escomptés sur la démographie médicale. Les obstacles sont nombreux et dépassent largement la simple question des quotas d’admission.

Les limites structurelles de la formation médicale

Former un médecin demande entre 9 et 12 ans selon la spécialité choisie. Même en augmentant significativement le nombre d’étudiants admis aujourd’hui, les effets sur le terrain ne se feront sentir qu’à partir de 2030-2035. Cette temporalité longue explique en partie pourquoi la pénurie actuelle persiste malgré les réformes.

Par ailleurs, les capacités d’accueil en stage hospitalier constituent un véritable goulot d’étranglement. Les hôpitaux, déjà en tension, peinent à superviser correctement les étudiants actuels. Augmenter leur nombre sans renforcer l’encadrement risquerait de dégrader la qualité de la formation.

L’exemple des études d’internes

Comme le soulignent les récentes annonces, la suppression du numerus clausus permettrait selon certains de passer de 500 internes par an à 600 dans certaines spécialités. Cette augmentation de 20% reste modeste face à l’ampleur des besoins et illustre bien les limites du système : même sans quota national, les contraintes de capacité demeurent.

Les nouvelles voies d’accès aux études de médecine

La réforme de 2020 n’a pas seulement supprimé le numerus clausus, elle a également profondément remanié les modalités d’accès aux études de santé. Exit la PACES, place à deux nouveaux parcours : le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) et la L.AS (Licence avec option Accès Santé).

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Le PASS : une première année repensée

Le PASS remplace la PACES avec une approche plus diversifiée. Les étudiants suivent une majeure santé complétée par une mineure dans une autre discipline (droit, sciences, lettres, etc.). Cette ouverture vise à réduire la pression et à offrir des perspectives de réorientation plus claires en cas d’échec.

La L.AS : une porte d’entrée alternative

La L.AS permet aux étudiants de s’inscrire dans une licence classique (biologie, physique, psychologie, etc.) tout en suivant une option santé. Cette voie offre jusqu’à trois tentatives pour intégrer les études de médecine, contre deux auparavant, et favorise les profils atypiques.

Quel avenir pour l’accès aux études de médecine en France ?

Les débats autour du numerus apertus révèlent une question plus large : comment concilier l’augmentation du nombre de médecins formés avec le maintien d’une formation de qualité ? Plusieurs pistes sont actuellement explorées par les autorités sanitaires et académiques.

Renforcer les capacités de formation

Pour véritablement augmenter le nombre de médecins, il est indispensable d’investir massivement dans les infrastructures universitaires et hospitalières. Cela implique de recruter davantage d’enseignants-chercheurs, de moderniser les équipements, et de multiplier les terrains de stage conventionnés.

Repenser l’organisation des soins

Au-delà de la formation initiale, la lutte contre les déserts médicaux nécessite de repenser l’organisation territoriale des soins. Le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles, la télémédecine, et une meilleure répartition des professionnels sur le territoire constituent des leviers complémentaires essentiels.

Valoriser d’autres professions de santé

L’évolution du système de santé passe également par une meilleure reconnaissance et un élargissement des compétences d’autres professionnels : infirmiers en pratique avancée, pharmaciens, sages-femmes. Cette approche collaborative peut contribuer à soulager la pression sur les médecins tout en améliorant l’accès aux soins.

Les impacts concrets de la réforme pour les étudiants

Pour chaque étudiant en médecine et dans les autres filières de santé, la suppression du numerus clausus et la mise en place du numerus apertus ont eu des conséquences directes sur leur parcours et leurs perspectives.

Une sélection toujours présente

Contrairement à ce que le terme « apertus » (ouvert) pourrait laisser penser, la sélection reste très importante. Les places disponibles demeurent limitées, et la compétition entre candidats reste intense, même si les modalités d’évaluation ont évolué vers plus de diversité et moins de « bachotage » pur.

Des opportunités de réorientation élargies

L’un des apports positifs de la réforme réside dans les meilleures possibilités de réorientation. Les étudiants qui ne sont pas admis en deuxième année de médecine disposent désormais de parcours plus valorisables et peuvent plus facilement rebondir vers d’autres formations.

Le passage du numerus clausus au numerus apertus marque une étape symbolique importante dans l’évolution du système de santé français. Toutefois, quatre ans après sa mise en œuvre, force est de constater que les changements restent progressifs et que les défis structurels persistent. La formation d’un nombre suffisant de médecins pour répondre aux besoins de la population nécessite une approche globale, combinant réformes pédagogiques, investissements massifs et transformation de l’organisation des soins sur l’ensemble du territoire.