Le concours de médecine représente une étape cruciale pour accéder aux études de santé en France. Depuis 2020, le système d’admission a profondément évolué avec la suppression de la PACES et l’introduction de nouvelles voies d’accès. Comprendre ces changements est essentiel pour tout étudiant aspirant à devenir médecin.
Sommaire
ToggleQu’est-ce que le concours de médecine ?
Le concours de médecine désigne historiquement l’épreuve de sélection permettant d’accéder aux études médicales. Jusqu’en 2020, les étudiants passaient par la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé), un système extrêmement sélectif avec un numerus clausus strict limitant le nombre d’admis.
Cette première année était redoutée pour son taux d’échec élevé, proche de 80%, et nécessitait une préparation intensive. Les étudiants devaient maîtriser des matières variées comme l’anatomie, la biochimie, la biophysique et les sciences humaines.
La réforme de 2020 : fin de la PACES
La réforme des études de santé a bouleversé le paysage de l’accès aux études médicales. Le concours national unique a été supprimé au profit d’un système plus diversifié et moins brutal pour les étudiants.
Les nouvelles voies d’accès
Depuis la rentrée 2020, trois parcours principaux permettent d’intégrer les études de médecine :
- Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) : parcours centré sur la santé avec une mineure dans une autre discipline
- La LAS (Licence Accès Santé) : licence classique avec une option santé, offrant plus de diversité
- La LSPS (Licence Sciences Pour la Santé) : parcours spécifique proposé par certaines universités
Ces nouvelles voies visent à réduire le stress et à offrir des alternatives aux étudiants qui ne seraient pas admis en deuxième année de médecine.
Comment fonctionne la sélection aujourd’hui ?
Bien que le terme « concours » soit toujours utilisé, le système actuel repose davantage sur une évaluation continue combinée à des épreuves orales dans certaines universités.
Le système d’admission en PASS
En PASS, les étudiants sont évalués sur leurs résultats académiques tout au long de l’année. Les matières incluent la biologie cellulaire, la physique, la chimie, l’anatomie et des sciences humaines. À la fin de l’année, les étudiants sont classés selon leurs notes.
Les meilleurs classés accèdent directement en deuxième année de médecine (ou autre filière santé : pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie). Les étudiants situés dans une zone intermédiaire peuvent passer des oraux de rattrapage pour tenter d’obtenir une place supplémentaire.
Le système d’admission en LAS
En LAS, les étudiants suivent une licence classique (biologie, droit, STAPS, etc.) avec une mineure santé représentant environ 10 ECTS. L’admission en études de santé dépend des résultats obtenus dans la majeure et la mineure santé.
Ce parcours offre l’avantage de pouvoir tenter sa chance deux fois (en L1 et L2 ou L3) et de conserver un diplôme de licence même en cas d’échec à l’admission en médecine.
Le numerus apertus : un changement majeur
L’une des évolutions majeures de la réforme est le remplacement du numerus clausus par le numerus apertus. Contrairement au numerus clausus fixé nationalement, le numerus apertus est déterminé localement par les universités en fonction des capacités de formation et des besoins territoriaux.
Ce système vise à offrir plus de flexibilité et à mieux adapter le nombre de places aux réalités du terrain médical français, notamment pour lutter contre les déserts médicaux.
Les ECN : le second concours de médecine
Au-delà de l’admission en première année, les étudiants en médecine font face à un second concours majeur : les ECN (Épreuves Classantes Nationales), désormais remplacées par les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales).
Fonctionnement des EDN
En sixième année de médecine, tous les étudiants passent ces épreuves nationales qui déterminent leur classement et donc leur choix de spécialité médicale et de lieu d’internat.
Le classement obtenu est crucial : les meilleurs rangs permettent d’accéder aux spécialités les plus demandées (chirurgie, dermatologie, ophtalmologie) dans les CHU prestigieux, tandis que les derniers classés ont un choix plus restreint.
Comment se préparer au concours de médecine ?
La préparation intensive reste la clé du succès, même avec le nouveau système. Voici les stratégies recommandées :
Organisation et méthode de travail
- Planification rigoureuse : établir un planning hebdomadaire équilibré
- Fiches de révision : synthétiser les cours pour faciliter les révisions
- Entraînement régulier : faire des QCM et annales pour s’habituer au format
- Groupes de travail : échanger avec d’autres étudiants pour clarifier les points difficiles
Les prépas privées
De nombreux étudiants font appel à des prépas privées pour maximiser leurs chances. Ces organismes proposent des cours supplémentaires, des QCM corrigés et un encadrement personnalisé. Leur coût peut être élevé (entre 2000€ et 5000€ par an), mais beaucoup d’étudiants admis reconnaissent leur utilité.
Hygiène de vie
Maintenir une bonne hygiène de vie est essentiel pour tenir sur la durée :
- Sommeil suffisant (7-8 heures minimum)
- Alimentation équilibrée
- Activité physique régulière pour évacuer le stress
- Pauses et moments de détente pour éviter le burn-out
Statistiques et taux de réussite
Les taux de réussite varient considérablement selon les universités et les parcours choisis. En moyenne, environ 20 à 30% des étudiants en PASS accèdent directement en deuxième année de médecine.
En LAS, les statistiques sont plus difficiles à établir car les étudiants peuvent candidater en L2 ou L3, mais le taux global d’accès reste comparable. La réforme visait à réduire le gâchis humain de l’ancien système où 80% des étudiants échouaient sans alternative.
Alternatives en cas d’échec
Contrairement à l’ancienne PACES où le redoublement n’était autorisé qu’une fois, le nouveau système offre plus de possibilités de rebond :
- Poursuite en licence : les étudiants de LAS peuvent continuer leur licence et retenter en L2 ou L3
- Réorientation en PASS : possibilité de passer en LAS l’année suivante
- Autres filières de santé : pharmacie, kinésithérapie, maïeutique, odontologie
- Écoles paramédicales : infirmier, manipulateur radio, ergothérapeute
- Passerelles internationales : études de médecine à l’étranger (Roumanie, Belgique, Portugal)
Conseils pour réussir le concours de médecine
Pour maximiser vos chances de réussite, suivez ces recommandations d’anciens étudiants :
Avant la rentrée
Préparez-vous dès l’été en révisant les bases scientifiques du lycée (chimie, physique, biologie). Certaines universités proposent des pré-rentrées très utiles pour prendre de l’avance.
Pendant l’année
Assistez à tous les cours, même si les supports sont disponibles en ligne. La présence en amphi permet une meilleure compréhension et concentration. Commencez les révisions dès le début sans attendre les périodes d’examens.
Gestion du stress
Le stress est l’ennemi principal des candidats. Apprenez des techniques de relaxation, maintenez des activités extra-universitaires et n’hésitez pas à consulter un psychologue si nécessaire. Les universités proposent souvent un soutien psychologique gratuit.
L’avenir du concours de médecine
La réforme de 2020 continue d’être évaluée et ajustée. Certaines voix réclament une diversification encore plus importante des profils admis, tandis que d’autres s’inquiètent du maintien du niveau académique.
Les prochaines années permettront de mesurer l’impact réel de ces changements sur la qualité de la formation médicale et sur le bien-être des étudiants. Une chose est certaine : l’accès aux études de médecine reste très sélectif et nécessite un investissement personnel considérable.
